chut(es)

( pour paloma, les funambules, et les filles de l'air. Pour les yeux, pour la peau, pour le rêve, pour les gouffres et le reste. )

10 novembre 2009

Ne me laisse pas toute seule.

Quand tu n'es pas là, je sors. Je sors juste comme ça, dans la rue. Regarder les hommes dans les yeux ou ailleurs en faisant mine que non, que c'est un accident. Je ne peux pas m'empêcher. Et je deviens jalouse, avec ça. Petite bête traquée. Trois étreintes par jour, minimum, sinon, ça veut dire que tu ne m'aimes plus, que tu ne me veux plus, que je suis n'importe qui.
Trois étreintes par jour entre lesquels je rêve n'importe quoi. J'ai bu du thé avec un voisin temporaire. J'ai raconté, des trucs, et ma présence ici, temporaire. Il a souri. Comme il ne fallait pas. Un accident.

Posté par Marynin à 06:47 PM - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Plus près

Plus près. Plus près. Toujours. S'il te plait. Je suis une plainte tout le temps.

Posté par Marynin à 06:36 PM - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 octobre 2009

...

Encore, encore. Je pense à cette chanson, où une femme comme moi, dit ça tout doucement.
Aujourd'hui, tout jeter par terre. Sangloter à tour de rôle. On sort, silence glacé, sans geste. Pendant qu'on marche, tous les deux, je voudrais n'importe lequel. Partir avec n'importe lequel, non, même pas, voir n'importe lequel. Et revenir. Je voudrais les larmes tièdes et les mensonges, je voudrais l'eau chaude et la peur qui fait briller les yeux. Je voudrais que tout revienne, je voudrais en avoir plein, je voudrais qu'il le découvre de nouveau, qu'il souffre de nouveau. Je voudrais aussi, la peau vraiment, d'un autre que lui. Je suis seule, chez moi, je bois trop de café. Pour faire comme si. Pour ne pas le faire vraiment, je lui écris que je vais boire un café, que je rentre dans longtemps. J'ai peur de sortir. sourire. vouloir.

Posté par Marynin à 03:44 PM - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 octobre 2009

Where is my

Nouvelle urgence. Journées en famille, disserter sur des choses, faire des parties de bonne paye, écouter les pixies en lisant des lectures-obligées. Je ne peux pas dire autre chose, j'aime la couleur de ces heures-là. On pleurerait, O, et moi, sur ce bonheur innocent. Hier, O explique à Princesse que peut-être bientôt, un nouveau quelque chose. On pleurerait sur ce bonheur innocent. Et ça nous sauve, oui, de rêver. Même si on sait. On s'en fout. On s'aime, on aime. On est un roman ambulant. On passe des duels aux dévorations. Des vérités les plus crues aux rêves les plus complaisants. C'est comme ça.

Posté par Marynin à 07:06 PM - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 septembre 2009

à rebours, dans l'eau du bain

Nuit déchirante avec O. Angoisse, Cris, larmes. A la fin, O s'est frappé le visage avec mes mains, et moi, je me suis arraché la peau. N'importe quoi. On finit dans les bras l'un de l'autre, honteux, coupables. On se réveille dans une gueule de bois impossible, on attend de la visite, il faut passer l'aspirateur. On passe pas l'aspirateur. On part en retard, pantalons enfilés en vitesse, cheveux en désordre. Je sens O dans mon ventre, et je le regarde, mon amour, savonner sa barbe pour éloigner les soupçons. Je pense à la beauté de notre vie. Comme il faudrait l'écrire, cette vie là, comme elle ressemble à une folie clandestine, notre vie, tous les jours.

Posté par Marynin à 03:18 PM - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 septembre 2009

(re)chute

Dehors, je sors pour acheter des tomates. Finalement, devant les portes j'écris: la couleur du ciel fait toujours résonner des tas de cordes nées par la circonstance. Puis je rentre.
C'est drôle, le chagrin, la mélancolie. Celle sans objet. Celle pas pour des choses vraiment, précises, exactes, factuelles. Celle juste, du sel à l'intérieur, comme ça, un peu pour tout, un peu pour rien. Il y a beaucoup de sel en moi. C'est venu comme ça, j'ai mis un disque, c'était pour rire. Je n'ai pas ri du tout. Du sel, partout. Pas du désespoir vraiment, ni du poids, non, même pas. Juste une petite douleur, tiède, sinueuse et douce: un peu mielleuse, un peu sournoise. Une qui peut mal tourner. Qui tournera peut-être mal. Mais le jeu c'est que personne saura. Parce que maintenant, je suis une grande fille. Je sais. Je fais plein de progrès. Et même, plein de trucs semblent acquis. Notamment ça: on pense que j'ai des douleurs sérieuses, des chagrins sérieux, des angoisses avec tenants et aboutissants. C'est vrai autant que faux.

Les grandes filles sont pas tristes de la couleur du ciel, des bruits de la rue, du bruit de l'intérieur, d'un disque qu'elles n'aiment même pas. Elles savent que c'est des stupidités. Qu'on a pas le temps. Qu'il ne faut pas s'arrêter.
Je sais.
Et en conséquence, Je m'arrête pas; le sel à l'intérieur, s'en va, revient, tourne mal ou pas. Me transperce ou pas. Il faut avoir confiance, O dirait, il faut avoir confiance et toujours se battre pour bien se garder. Enfin en substance, il dit ça.

Peut-être que sont ces jours là, sinueux, doux, tristes, et pas bien ancrés comme il faudrait, qui ont déclenché tout ce que tu as su. Peut-être qu'il y avait ce glissement-là, aussi, vers les rêves. Pas seulement, pas juste les faits, pas juste ce que je dis, tout ce qui est vrai et tangible et justifié.

Posté par Marynin à 07:17 PM - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 septembre 2009

à rebours 15 septembre.

Vie passée entre dépits et feux d'artifices. Le balancement ne finira jamais. Parfois, dire à O, croire, et parfois non. Souvent, vouloir tout dévoiler. Stupide, et impossible, même en le voulant. Avec O, on se promène en rêvant les choses qu'on ne touchera pas.
Dans le métro, les gens me donnent envie de tout mettre en pièces. Tous ces objets. Tous ces gens décorés d'objets. Toutes ces apparences qui tiennent biens ou mal ou convenablement. Tout ce fatras. Je repense à mes quatorze ans où je me demandais, où je n'osai pas demander: comment on trouve tous ces gens vivants, pour déambuler, pour fabriquer des choses comme des chaussures qui servent à déambuler, des chaises pour s'assoir, comment, qui, a le courage de fabriquer autant de chaises, de faire un truc aussi fou que passer sa vie à fabriquer des chaises pour tous les gens du monde qui ont la force de déambuler et de chercher une chaise où s'assoir, et même, d'en choisir dans des magasins où des gens travaillent pour vendre des chaises?
Je pense à ça, dans le métro, en regardant les gens lire des livres de développement personnel. Un homme me regarde. Mes cheveux sont en désordre. Je voudrais avoir de l'encre sur le visage. Fatigue, un peu. Tant que ça? Oui. Même si c'est une excuse.

Posté par Marynin à 12:05 PM - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 septembre 2009

à rebous, moleskine et lambeaux.

O me serre. Si fort. Pour réparer; faire l'amour. S'étreindre. Un jour alors qu'on est pas seuls, tout se finit si mal que O. chauffe un couteau à blanc et se brûle le bras. A trois reprises. On se regarde, avec ces yeux d'atterissage; fous de vérité, honteux du sang froid qui revient, dans une brutalité bizarre, comme en rêve. J'explique à Miniature, qui nous a vu, hurler, nous balancer des courgettes à la figure, pleurer, aller, venir, se ratrapper et n'en plus finir: J'explique à Miniature, qui me demande pourquoi on se fâche tout le temps, qu'O et moi, on est bêtes, qu'on s'aime tellement qu'on croit qu'on se comprend toujours et qu'alors, dès qu'on ne se comprend pas, même un tout petit peu, ça nous rend triste et on se fâche sans raison, vraiment très fort, et qu'on est bêtes de faire ça parce que c'est jamais pour de vraies raisons, qu'au fond on se fâche parce qu'on s'aime et qu'on veut tout faire bien, que toujours tout soit aussi bien qu'on veut. Je lui ai dit je te demande pardon, c'est vraiment moche à voir, et ça fait peur, et qu'on est vraiment bêtes tous les deux. Il dit oui, c'est pas grave. Alors on refait les courgettes, on fait comme si on avait pas les yeux rougis. On se regarde, avec nos yeux mal atterris. On se dit plus jamais. On sait que c'est pas vrai.

Posté par Marynin à 02:35 PM - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 septembre 2009

dites ou à dire. 1

J'ai raconté le grand hôtel, avec X, pas encore nommé. L'avion, le petit déjeuner, mon ironie partout, une sacoche mitée, il avait, à la filature. Dans le sud, j'avais dix sept ans. J'ai raconté la nuit en alsace, avec A. J'ai raconté G, décembre, janvier, février, le gâteau pour mon anniversaire, les bijoux ridicules, les fleurs, les promesses. Les rencontres fortuites ou pas tout à fait. La drôle de remise. Les chantages au désespoir pour lui, à l'internement et aux révélations, pour moi. Ma robe verte.
J'ai raconté Yves, que je n'ai pas nommé, les pâtes de fruits, les peintures, la suisse et ses présentations, les lettres avec ou sans affranchissement. Dix huit ans, j'avais, oui, c'est ça, dix huit. Et lui, oh. Pas soixante, non, pas tout à fait, vraiment, non, je ne sais plus vraiment, mais moins que ça.

Posté par Marynin à 03:00 PM - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 août 2009

Septembre

Septembre est déjà là. Blessant de ses douceurs et ses désillusions lasses. Dans le métro, un jeune homme, devant, voudrait quelque chose. Ou bien c'est moi qui voudrait, qu'il rêve. C'est moi qui voudrait quelque chose. Avec R, parler de la démence sourde d'Antichrist, de comme c'était, beau, proche et vrai, c'est tout. Rien n'a changé sauf peut-être la matérialisation de ça, le ridicule de l'affaire m'enchante. Trouver un sens aux choses. L'avidité ne dure jamais ou presque, pourquoi là, pourquoi, grandissante, mangeuse de tout.

Septembre est déjà: ombrageux. Septembre promet déjà les choses impossibles à surmonter. - c'était septembre aussi, le ventre en creux la peau douce et le sommeil partout. O. veut savoir si c'est toujours pareil les majuscules; c'est difficile de répondre non.

Posté par Marynin à 06:25 PM - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Page suivante »